Le musée O B L I T A R I U M présente l’artiste M. Jellel GASTELI.
Du 12 décembre 2025 au 24 janvier 2026, s’est tenue l’exposition Hortus (Jardins) de Jellel Gasteli, au cœur de la galerie Selma Feriani, dont l’architecture brutaliste en béton brut accueille, pour l’occasion, une nature qui s’y infiltre discrètement. Entre ces murs austères, les photographies ouvrent une brèche, laissant apparaître un ailleurs végétal. Une série en noir et blanc à travers laquelle l’artiste propose un voyage hors du temps.
"HORTUS " (Jardins).


L’exposition s’ouvre sur la photographie d’une inscription latine gravée dans le marbre, scellée à un mur de pierre : « Ils entendirent la voix du Seigneur Dieu qui marchait dans le jardin », extrait de la Bible latine.


Cette phrase renvoie au récit d’Adam et Ève et à la présence divine perçue depuis l’Éden, plaçant d’emblée le jardin comme espace céleste, à la fois lieu de mémoire et de révélation. Ce jardin trouve son incarnation dans la demeure des Henson, dont l’atmosphère singulière n’a cessé de nourrir l’imaginaire artistique.
Violet et Jean Henson, tombés amoureux du village de Hammamet, s’y installent à la fin des années 1920. La demeure devient alors un point de rencontre pour une société cultivée, composée d’artistes, de passionnés et d’esprits curieux, formant une communauté gravitant autour de l’art.
Lorsque Leïla Menchari, designer tunisienne chez Hermès, reprend la demeure, elle prolonge cette tradition d’hospitalité et d’ouverture. Le lieu continue d’inspirer, offrant à Jellel Gasteli, dès 1983, un terrain sensible où le jardin devient langage visuel. À travers cette exposition, l’artiste nous en ouvre les portes et partage sa découverte.
« De ce jardin naquit ma passion pour les jardins méditerranéens, indisciplinés et vivants, à l’image de celui des Henson. »
Jellel Gasteli




Ainsi, l’exposition révèle la renaissance d’une série photographique réalisée il y a plus de quarante ans. Capturées avec un appareil d’époque, les images reprennent aujourd’hui vie à travers le tirage argentique, support aussi exigeant qu’authentique. Dans sa chambre noire, Jellel Gasteli maîtrise chaque geste, chaque nuance de lumière, chaque interaction avec la matière photosensible. La précision technique se mêle à la sensibilité de l’artiste, et chaque photographie naît d’un processus lent, rigoureux, qui requiert une grande justesse.
Le bâti, parfois englouti par la végétation, se fait discret, laissant percevoir la nature reprenant ses droits. Architecture et paysage dialoguent dans un équilibre fragile, entre création humaine et force organique. Quelques images renvoient aux vitrines d’Hermès imaginées par Leïla Menchari, rappelant combien ce lieu intime, à la fois réel et mythique, a nourri l’inspiration artistique.
Pour mieux connaitre l’artiste
Article rédigé par Mme Sana LETAIEF - Journaliste culturelle.


Dans ces photographies, Jellel Gasteli transmet un regard attentif et contemplatif, où la nature se révèle dans toute sa force silencieuse. Les cactus, d’ordinaire rudes et austères, se font raffinés, comme si le jardin leur offrait une élégance inattendue. L’agave, majestueuse, déploie son feuillage courbé avec une puissance et une grâce fascinante, si intenses que l’on se sent fragile et infime face à elle.
Les lianes, ramifiées et entrelacées, grimpent et retombent avec liberté sauvage, tandis que les arbres se déploient dans des gestes fluides, semblant danser, souples et sensuels, comme des ballerines suspendues dans le temps. La lumière joue à travers les feuillages et les ombres, révélant la douceur et la violence d’un jardin qui vit par lui-même.
En poursuivant le parcours, le visiteur découvre d’autres paysages présentés en grand format. Ces images ouvrent un espace de contemplation, invitant à prendre place dans le paysage.














La fin du circuit se déploie autour de documents et de souvenirs : lettres et photographies échangées entre l’artiste et son illustre hôte. Ces archives témoignent d’une histoire d’amitié singulière, celle de deux Tunisiens installés en France, liés par une même terre natale et par ce jardin inspirant.


Visiter Hortus (Jardins), c’est franchir un seuil et se glisser dans un autre temps, où le passé murmure à l’oreille du présent. Ici, le jardin se fait refuge et témoin : un lieu suspendu où la lumière, la végétation et le souvenir s’entrelacent, invitant le visiteur à s’immerger dans un monde à la fois intime et universel.


À travers ces traces, Jellel Gasteli ouvre les portes de sa mémoire, laissant percevoir les résonances d’un temps suspendu, où l’histoire, l’amitié et la nature se mêlent dans un même souffle.


Le musée O B L I T A R I U M présente l’artiste M. Mehdi KRIAA.
L’exposition de l’artiste Mehdi KRIAA, s'est tenue du 13 mars jusqu’au 12 avril 2025 à l’espace KALYSTE GALERIE, à la SOUKRA, propose une immersion dans un univers où la céramique devient un langage à part entière.
Intitulée Naqcha, un mot qui signifie "graver", évoque la minutie, la patience et le savoir-faire, mais aussi la trace, l’empreinte et la mémoire. Ces termes imprègnent chaque œuvre de l’exposition, où l’attention portée au détail devient une véritable méditation sur le geste, la matière et le passage du temps.
"Naqcha, Entre mémoire
et empreinte"


Mehdi KRIAA explore la richesse de la céramique sous différents supports et formats : sculptures, bas-reliefs, tableaux. Les formes se déclinent en carrés, cercles, rectangles et côtoient des compositions plus libres, où s’assemblent sphères, demi-sphères et volumes ovoïdes. Cette variation des formes crée un dialogue entre la géométrie des structures et la fluidité des représentations, renforçant ainsi la dynamique propre à chaque œuvre.


Au-delà de la diversité des formes, c’est la finesse du geste et la minutie de l’exécution qui relient l’ensemble des œuvres exposées. Les inclusions émaillées révèlent un travail subtil et méticuleux, où chaque point devient le témoin d’un temps inscrit, chaque entaille, une cicatrice, une mémoire gravée dans la matière. La rigueur des tracés manifeste l’intention de l’artiste : capturer l’éphémère tout en ancrant la mémoire dans la durée.




Mehdi KRIAA puise dans la nature et dans ses souvenirs, capturant des fragments vivants. Des feuilles d’eucalyptus ou de vigne, empreintes dans la terre, apparaissent comme des fossiles délicatement révélés, ravivant en nous des réminiscences enfouies.




Techniquement, l’artiste explore les possibilités de l’enfumage et de la réduction. Le noir, issu de l’action du feu, n’est pas un simple fond ; il devient une trace indélébile, le témoignage du passage du feu sur la matière. Il dialogue avec des nuances de gris, de bruns terreux et de beiges chauds, composant une palette à la fois intime et puissante.
À cette profondeur se superposent des traces et des empreintes imprimées dans la matière en couleurs franches. Ces éléments colorés incarnent le souvenir vivant, apportant lumière, rythme et vitalité à l’ensemble. Chaque nuance semble vibrer dans la matière, comme une résonance chromatique de la mémoire.
Pour mieux connaitre l’artiste


Article rédigé par Mme Sana LETAIEF - Journaliste culturelle.




Ses oeuvres oscillent entre poésie et mystère. La poésie s’incarne aussi littéralement dans les vers gravés d’Imrou Al-Qays, poète du VIe siècle, dont les mots surgissent de la terre comme une voix ancienne, murmurant un amour révolu et une nostalgie universelle. Cette calligraphie inscrite dans la matière ajoute une dimension émotive à l’ensemble, touchant chaque visiteur dans ses propres souvenirs.
À travers la force sensible de ses pièces, Mehdi KRIAA confirme que la céramique est bien plus qu’un matériau : elle devient un terrain d’expression infini, un lieu de rencontre entre savoir-faire ancestral et recherche artistique contemporaine.
"Tenté par d'autres soleils"


Un artiste hors norme, que nous présente Mme Sana LETAIEF.
L’exposition de l'artiste Béchir Boussandel a débuté le 23 janvier et se poursuit jusqu’au 30 mars à la Station d'Art B7L9, à Bhar Lazreg. Cette exposition présente un mélange entre une thématique environnementale et un aspect profondément personnel, qui résonne avec chaque visiteur. L'artiste, qui parvient à allier mémoire intime et réflexion sociétale, nous plonge dans un univers où les échos de son enfance rencontrent les enjeux contemporains.
L'exposition aborde la question écologique, mais aussi par sa capacité à faire écho aux souvenirs personnels de l'artiste. Dès le premier regard, les œuvres touchent et questionnent les spectateurs, chacun pouvant se retrouver dans les sensations et souvenirs que l'artiste a éclairés.


Béchir BOUSSANDEL a su exploiter une variété de techniques et de matériaux, apportant ainsi une expérience à la fois immersive et profonde. L'une des premières œuvres qui m'a frappée fut cette série de toupies suspendues, flottant à peine au-dessus du sol. Elles m'ont immédiatement transportée dans mon enfance.
Bien que je n'aie jamais su jouer avec des toupies comme mes frères, je me suis retrouvée à revivre des moments où ils réussissaient là où j'échouais. Ce souvenir m'a ramenée à l'image de mon oncle, vêtu avec élégance, redevenant enfant pour un instant en montrant à mon frère comment faire tourner la toupie, tout en profitant de ce moment de jeu.


Un peu plus loin, une installation étrange composée de bidons et de bouteilles m'a captivée. J'étais curieuse de savoir de quel matériau ils étaient faits, et, intriguée, je me suis approchée de plus en plus, jusqu'à ce qu'on m'en empêche, m'invitant à demander des informations. C'est ainsi que j'ai découvert que l'artiste avait utilisé du verre soufflé pour créer des œuvres imitant l'usure du plastique. Des bouteilles et des bidons semblaient se dissoudre dans un océan de pièces éparpillées dans la salle.


Bien que cette installation traite d'un sujet lourd comme la pollution plastique, elle devient captivante grâce à la lumière, aux couleurs et à la texture des matériaux. L'ajout de petits oiseaux perchés sur certaines œuvres et un peu partout dans la salle m'a donné l'impression qu'ils migrent à travers cet océan de déchets, une allusion subtile à la fragilité de notre environnement et à la quête de sens dans un monde en constante transformation. Mais ces oiseaux, réalisés en métal, sont-ils figés ?


De part et d'autre de la salle, de grands tableaux m'ont emportée vers le ciel, où le regard s'élève au-delà de la terre, comme un voyage visuel au-dessus des paysages et des océans. Ces toiles, qui ouvrent des perspectives inédites, perturbent nos attentes conventionnelles. Elles m'ont rappelé que parfois, il faut fuir la normalité pour voir les choses sous un autre angle, comme si la peinture elle-même devenait une invitation à une vision plus libre et plus vaste.




À travers ses œuvres, Béchir Boussandel a brillamment exploité une variété de matériaux et de techniques pour exprimer les impacts de son vécu, en tant que fils de migrants, voyageant entre la France et la Tunisie, deux pays qui font partie de son identité. L'exposition "Tenté par d'autres soleils" interroge profondément la notion de déplacement, de survie, mais aussi de transformation, qu'elle soit personnelle, sociale ou écologique.
Article rédigé par Mme Sana LETAIEF - Journaliste culturelle.
25.3. au 25.4.
Le musée O B L I T A R I U M accueille en ses murs l'exposition de M. Béchir BOUSSANDEL.
















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